Vu que j'ai dû ressortir les articles que j'avais gardés pour le topic sur le futur album, je complète ce topic-ci aussi, à l'attention des forumeurs occasionnels qui tomberaient dessus sans avoir tout suivi.
Le Soir, 30 mai 2007En parlant de militantisme, on a beaucoup reproché aux artistes de gauche leur absence aux côtés de Ségolène Royal, avant le premier tour... Et même, en général, d'être moins combatifs que par le passé...« Entre les deux tours, j'étais absent. De toute façon, je pense que Mitterrand était quelqu'un de fascinant, qui représentait intimement la gauche. Ici, j'ai tout de suite senti un décalage. Il n'y avait pas de personnage adéquat pour parler des problèmes de la gauche. Maintenant, personne ne peut dire ce qui va arriver. On va bien voir. La gauche, je pense, a souffert d'une histoire de marketing politique qui est tombée un peu à côté. »
On a vu aux Etats-Unis, avec John Kerry et « Vote for change », que les artistes se mobilisaient plus facilement...« Au meeting de Charléty, j'ai tout de même entendu dire que ça ressemblait à Woodstock. Il y avait Yannick Noah, Renaud, Bénabar... C'était tout de même pas mal. Cela dit, je ne sais pas si les chanteurs ont une influence véritable. On l'a bien vu avec Kerry justement. Pour moi, une chanson, c'est aussi et surtout une musique. Hurler un texte à une tribune, c'est formidable mais en faire une chanson... »
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RTL, « Laissez-vous tenter », 4 juin 2007 (retranscription)Christophe Hondelatte: « Tiens, si on parlait un peu politique trente secondes ? »
Francis Cabrel : « Oui. »
CH : « Vous êtes un homme de gauche ? »
FC : « Plutôt, oui. »
CH : « Antisarkozyste ? »
FC : « Non. »
CH : « Ah c’est compliqué maintenant ! »
FC : « Maintenant c’est compliqué. En fait, je suis depuis toujours à gauche, effectivement, et là ça ne me fait pas si peur que ça parce que je pense que les deux candidats étaient d’abord des gens relativement jeunes par rapport à ce qu’on a vécu précédemment, donc je savais que leur entourage allait être assez nouveau, novateur, hardi, intrépide, avec beaucoup d’énergie. Il y a beaucoup d’énergie des deux côtés, je trouve, en ce moment, à gauche comme à droite. Donc les Français ont choisi la droite…
CH : « Donc vous n’avez pas la trouille? »
FC : « Non, je n’ai pas la trouille, non. »
CH : « C’est intéressant ; c’est emblématique de ce que pense une partie de la gauche aujourd'hui ! »
FC : « Une des tactiques de la gauche, mais qui n’a pas fonctionné à fond, a été de faire très très peur avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy. Et à mon avis, c’était insuffisant comme argument et c’est une des défaites [je suppose qu’il a voulu dire « raisons » plutôt ??] de la pauvreté du score, de notre score de gauche, si je puis dire. »
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Le Parisien, 8 juin 2007Pendant la campagne présidentielle, on ne vous a pas entendu. Pourquoi ?« J’ai plutôt le cœur à gauche mais les deux principaux candidats incarnaient une nouvelle jeunesse qui m’intéressait. Et je n’ai relevé ni les choses soi-disant diaboliques chez Sarkozy, ni les faiblesses prétendues de Ségolène royal. »
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Le Parisien, 25 février 2008C'est pour ça que vous n'avez pas pris parti pendant la présidentielle ?Il y a des isoloirs, ce n'est pas pour rien. Ma sensibilité est plutôt à gauche mais je n'ai jamais trouvé utile et efficace de soutenir officiellement un candidat. On est censé engager des milliers de personnes derrière nous et moi, je ne suis sûr de rien. Je ne serai jamais un chef de file, un leader.
Comment avez-vous accueilli la victoire de Nicolas Sarkozy ?Ah bon, c'est lui qui a gagné ? Je ne m'en rappelle pas ! Il vient juste de se marier, en plus... Plus sérieusement, les candidats avaient le même profil, la recherche de la popularité à tout prix, du spectaculaire, du sensationnel. D'un côté ou de l'autre, on n'aurait pas échappé à cette peopolisation, terme que je déteste et que je fuis. Et ça se retourne contre eux : Delanoë est plus populaire que Royal, Sarkozy chute dans les sondages... La fonction présidentielle a été totalement désacralisée. Je me demande même si l'élection au suffrage universel direct est souhaitable. Les grands électeurs feraient l'affaire. Cela éviterait peut-être au candidat de se sentir au-dessus de tout après avoir récolté 20 millions de voix.
La chanson « African Tour » évoque le sort des clandestins qui tentent de gagner l'Europe. C'est une ortie anti-Sarkozy ?C'est parti du terme d'« immigration choisie », cette idée d'exclure les gens qui n'ont pas de diplôme, pas d'études derrière eux. On leur interdit le moindre espoir, alors qu'ils ont quitté un pays où ils n'ont rien. La sanction est glaciale. La chanson s'arrête à la frontière. La France et sa politique, les tests d'ADN, je n'en parle pas. C'est sous-entendu.
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"puisqu'on vit dans les creux d'un rêve..."